Aimer ce qui advient (amor fati)

10/03/2007

10/03/07 - 13:30

Présidentielles 2007, 2


Je le pensais déjà mais ça se confirme : le problème avec les candidat(e)s à la présidentielle et le personnel politique en général, c'est qu'il y a vraiment trop de biais dans le recrutement. Non seulement il faut appartenir à la classe dominante, l'ethnie dominante, la religion dominante, la sexualité dominante etc. pour réussir dans cette carrière (ce qui n'est en aucun cas un gage de compétence), mais en plus, comme la profession de politicien(ne) n'est pas régulée puisqu'elle n'est pas reconnue comme telle (il n'y a ni diplômes, ni syndicats etc.), c'est la loi du plus fort qui prévaut.

Résultat : Seuls les grandes gueule aux raisonnements simplistes parviennent au niveau le plus élevé de responsabilités. Exit les rêveurs, les subtils, les scrupuleux... Voilà pourquoi nous sommes toujours gouvernés par des gens à l'intelligence au mieux grossière, là où il nous faudrait des défricheurs, des expérimenteurs et surtout, des douteurs... Dramatique déperdition ! (Je sais, c'est un peu pédant ; mais tout ça est tellement énervant.)

Tiens, tout ça me rappelle une petite fable de Kafka : "Ah ! dit la souris, le monde rétrécit de jour en jour. Au début, il me semblait si vaste que j'ai eu peur. Je me suis mise à courir et j'étais bien soulagée quand j'ai enfin aperçu, sur ma droite et sur ma gauche, des murs dans le lointain. Mais ces longs murs se rapprochent si vite l'un de l'autre que je suis déjà dans la dernière pièce, et là-bas, dans l'angle, se trouve le piège vers lequel je cours." - "Tu n'as qu'à changer de direction", lui dit le chat. Et il la mangea.

commentaires

10/03/07 - 13:40

très vrai...

11/03/07 - 03:11

Si seulement nous avions des candidat(E)s!

11/03/07 - 18:54

hélas...

Seuls les grands moments de transition dans l'Histoire amènent au pouvoir de vrais dirigeants. Il faut que les arrivistes et autres mafieux n'aient pas encore eu le temps de retourner leur veste.

La recherche du pouvoir est une activité à plein temps qui ne laisse pas une seconde pour autre chose. D'où une ignorance incroyable de la nature du régime chinois ou des capacités stratégiques de la France.

Neanmoins, la recherche du pouvoir est une activité qui demande une certaine endurance, une certaine intelligence et d'être validé par bcp de complices. Si on tirait au hasard dans la population, ce serait sans doute pire.

Si on regarde les diplômes, ça présenterait entre autres Pompidou, Juppé, Fabius (ÉNS), Giscard (X). Je ne suis pas sûr que ce soit mieux que Pierre Mendès-France ou Pierre Bérégovoy.

Mais ce serait intéressant de définir un diplôme de président, comprenant un stage en usine d'un an, une licence de socio, une licence de math, une licence d'économie et une licence d'Histoire... le tout en une formation rémunérée de 6 ou 7 ans, càd pas plus que celle d'un médecin. Guérir la France ne mérite pas moins.

11/03/07 - 20:07

Euh ben... pas d'accord. On ne peut pas soupçonner des gens comme Sarkozy, Juppé, Strauss-Kahn, Bayrou ou Fabius d'avoir une intelligence grossière. On peut leur reprocher d'avoir une fibre sociale plus ou moins développée, de prendre des modèles plus ou moins convaincants, d'être plus ou moins coinçés dans l'affectif, d'être plus ou moins visionnaires ou de prendre plus ou moins de risques, mais sûrement pas d'avoir une intelligence grossière. Si leurs arguments paraissent simplistes, c'est qu'ils sont parfois trop résumés.
Ils sont tous ambitieux, aussi, mais l'ambition n'est pas un défaut intrinsèque. Seuls peuvent devenir des défauts les moyens qu'on prend pour l'assouvir.
Je crois que gouverner n'a jamais été simple, et devient de plus en plus compliqué. Les couches de pouvoir se multiplient, les lobbies sont nombreux, certaines décisions n'ont des effets qu'après 5 ou 10 ans.
Quant à avoir des défricheurs, des expérimenteurs et des douteurs... ça ce n'est pas le rôle du gouvernant (qui quoiqu'il arrive doit gouverner) mais celui de la société civile, des conseils, des partis, des francs-maçons, des syndicats, etc. Il y a bien assez de gens pour réfléchir, en fait...

12/03/07 - 13:43

fortitou, on est pas obligés d'être d'accord, c'est pas grave :)
Que les points de vue des uns des autres divergent selon leur expérience, leur position dans la société et leur degré de satisfaction, leurs attentes etc., ça me semble normal.
Et puis d'ailleurs, tout cela est-il vraiment aussi rationnel que ça... (Je parle aussi pour moi évidemment.)
Sur l'ambition, je suis d'accord avec toi, je dirais même que c'est une qualité - même si tout dépend de ce qu'on entend par là.

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